Mes 10 films marquants – Samuël L.

Il y a une sorte de défi qui circule en ce moment sur les réseaux sociaux, plus particulièrement sur Facebook. Celui-ci consiste à mettre pendant dix jours une image provenant d’un film nous ayant marqué au courant de notre vie. En temps normal, la photo ne doit pas être accompagnée d’un texte, mais nous avons décidé de vous présenter ce défi avec un peu plus de détails sur les films. Aujourd’hui : le top 10 des films ayant marqués l’imaginaire de Samuël Larivière, une photo à la fois.

J’ai perdu mon corps – Jérémy Clapin (2019)

Ce film d’animation français sorti en 2019 a touché une corde sensible en moi. Je réécoute rarement les films que j’ai déjà vu, mais depuis mon premier visionnement en novembre 2019, j’ai revu le film à deux reprises. Je suis un grand amateur de film d’animation pour un public adulte, et celui-ci m’a réellement touché par sa beauté et sa lenteur. Je me suis énormément reconnu dans le personnage de Naoufel, et le message du film est resté imprimé dans mon esprit.


Interstellar – Christopher Nolan (2014)

Interstellar ne serait probablement pas dans ma liste si le contexte dans lequel je l’ai écouté avait été différent. Il s’agit d’un des trois films dans cette liste que j’ai pu découvrir au cinéma et ce visionnement a été pour moi excessivement marquant. J’ai vu le film chez moi par la suite et l’expérience était complètement à l’opposé. Interstellar est un film qui ne peut être vu qu’en salle à mon avis, puisque tout a été pensé pour le cinéma. Les sonorités (ou le manque, selon qu’on soit sur terre ou dans l’espace), la musique, les images… Tout dans ce film se veut plus grand que nature. L’histoire en elle-même est un peu « cheesy », mais je ne peux pas en toute bonne foi dire du mal de ce film parce que son visionnement m’a cloué sur place pendant près de trois heures.


There Will Be Blood – Paul Thomas Anderson (2007)

Ce film a une place spéciale dans mon coeur puisqu’il a été pour moi la porte d’entrée de l’analyse cinématographique. J’ai fait ma première réelle analyse filmique sur ce bijou d’Anderson et malgré que cela fera bientôt 8 ans que j’ai réalisé ce travail, je me souviens exactement de comment je me suis senti en découvrant ce film. Il m’a permis de m’ouvrir à un monde cinématographique différent tout en me sortant de ma zone de confort. J’ai énormément appris sur et grâce à ce film, ce qui lui donne sa place dans mon top 10.


La Haine – Mathieu Kassovitz (1995)

Il s’agit d’un autre film que j’ai découvert dans un cadre académique, mais dont l’impact s’est étendue beaucoup plus loin. Je ne veux pas trop en dire sur cet excellent film, mais il a grandement changé la façon dont je voyais les « autres » : ceux qui vivent en marge de la société et sur qui la vie s’acharne, mais qui ne semble pas s’aider. La Haine, c’est le portrait d’une société qu’on connait bien, puisqu’on la vie sans la vivre, et c’est là que réside la brillance du film de Kassovitz.


Watchmen – Zack Snyder (2009)

Étant né dans le milieu des années 90, le paysage cinématographique côté super-héros n’était pas dans mon enfance ce qu’il est aujourd’hui. Pendant que les enfants des années 2000 ont grandi avec Iron Man, Captain America et Black Panther, les gens de ma génération avaient Hulk (2003), Daredevil (2003) et les Fantastic Four (2005), trois films dont la qualité n’est même pas près du premier Iron Man. Il y avait également les Spider-man de Sam Raimi, mais ceux-ci ne m’attiraient pas énormément, ce qui fait qu’en 2012, j’étais très indifférent par rapport aux films de super-héros. Un de mes amis m’a alors invité chez lui afin d’écouter Watchmen, un film de super-héros différent. Ma curiosité a mordu, et j’ai découvert un film qui est en effet assez loin de tout ce qui se faisait, mais également de tout ce qui s’est fait par la suite. On parle d’un passé possible, et non d’un futur fantastique, de personnages très humains et gris, et non de héros à proprement dit. Watchmen a éveillé mon amour pour les super-héros en plus de changer ma perception des thèmes de la justice et des questionnement moraux et éthiques, lui méritant une place ici.


Anomalisa – Charlie Kaufman (2016)

Je me devais de placer un film de Charlie Kaufman, mon scénariste favori, dans cette liste. J’ai longtemps hésité à placer Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004), mais le côté très poétique de son film d’animation plus récent m’a davantage séduit. Anomalisa, c’est l’histoire d’un homme qui a tout réussi, mais pour qui la vie est vide de sens. Tout le monde est pareil, et le médium de l’animation rend l’expérience de ce personnage encore plus réelle pour moi. Ceux qui ont lu mon texte sur la métalepse à l’intérieur du film peuvent avoir une idée de mon amour pour celui-ci. Anomalisa est un film que je trouve transcendant sur le plan émotif, comme plusieurs oeuvres de Kaufman. Ce qui le rend plus spécial est le fait que la quête de Michael, le personnage principal, est beaucoup plus personnelle qui celle des protagonistes moyens, ce qui rend le tout plus intéressant et tellement plus tragique.


Us – Jordan Peele (2019)

Mon deuxième film préféré de 2019. Je suis un grand fan de film d’horreur, et récemment, les cinéphiles ont été choyés en la matière avec d’excellents films. Aucun ne montre cependant une aussi grande maîtrise de cet art que ce film, à mon avis. Le récit est génial, les performances frôlent la perfection (Lupita Nyong’O méritait l’Oscar à mon avis) et tout dans ce film a un sens. J’ai écouté le film à plus d’une reprise, et j’y trouve encore des nouveaux questionnements, de nouvelles énigmes à résoudre et pistes à suivre. Ce film m’obsède par tous les détails qu’il me reste à découvrir à son sujet et pour s’être ancré dans mon esprit à ce point, il mérite sa place ici.


Parasite – Bong Joon-Ho (2019)

J’ai mentionné mon deuxième film préféré de 2019, voici mon favori. Un chef-d’oeuvre. Premier film étranger à gagner l’Oscar du meilleur film, en plus de remporter celui de la réalisation et de scénario original. Que dire de plus? J’ai vu ce film en salle et celui-ci a sans aucun doute changer ma vision du cinéma. J’ai ensuite lu le scénario officiel, et celui-ci a également changé ma vision de l’écriture scénaristique. Parasite n’est pas seulement un excellent film : c’est un film qui mérite d’être étudié, qui ne possède aucune faiblesse. Le mélange des genres dans lequel le récit se meut, la fin absolument crève-coeur, la narration qui se veut omnisciente sans l’être réellement… Il s’agit pour moi d’un film qui va révolutionner le monde du cinéma et qui a déjà révolutionné le mien.


A Nightmare on Elm Street – Samuel Bayer (2010)

Non, vous n’avez pas mal lu : il ne s’agit pas du film de Wes Craven, mais bien de son remake. Premièrement, oui, l’original est meilleur, mais il ne s’agit pas ici de parler de mes films préférés, mais de ceux m’ayant marqués. Étant enfant, j’ai toujours eu peur des films d’horreur, tout en étant irrémédiablement attiré par eux. Ma mère m’avait parlé à de nombreuses reprises de l’oeuvre de Wes Craven, donc lorsque j’ai eu l’occasion d’aller voir la nouvelle version au cinéma, je n’ai pas hésité. Cette fois par contre, je n’ai pas eu peur, j’ai été fasciné. Mon amour pour le cinéma d’horreur est né cet après-midi, dans un petit cinéma de ma ville natale d’Abitibi après mon visionnement de ce film correct, sans plus. Il aura toujours une place précieuse dans mon coeur.


Pan’s Labyrinth – Guillermo Del Toro (2006)

Nous sommes en 2007. J’ai 10 ans. Ma mère va au club vidéo chercher des films pour la soirée et voit ce film. Par le nom et l’image de couverture, se dit que c’est une excellente idée d’écouter ce film avec un enfant de 10 ans. Dès le début du film, le tout est sombre, froid, très dur, assez loin du film auquel on s’attendait, mais ma mère à l’habitude de me faire écouter du cinéma hors de l’ordinaire, donc jusqu’ici tout va bien.
Puis, la scène où un homme se fait briser le nez à coup de bouteille de bière. Le tout est graphique, aucune censure. Ma mère arrête le film en s’excusant, puis me demande si je me sens prêt à continuer le film ou si je préfères écouter autre chose. Je fais mon choix.

Si je n’avais pas vu ce film par accident il y a treize ans, je ne crois pas que je serais en train d’écrire ces lignes en ce moment. Pan’s Labyrinth a éveillé quelque chose en moi, une fascination sans borne pour le cinéma. Il s’agit probablement de l’un des films les plus durs que j’ai écouté, mais je n’ai pas pu m’empêcher de trouver tout dans ce film magnifique. Les personnages sont magnifiques, la musique est magnifique, la fin est magnifique, les décors et les costumes sont magnifiques, même la violence très graphique est magnifique dans un certain sens grâce au génie de Guillermo Del Toro. Ce film m’a fait rêvé plus que n’importe quel autre et a éveillé une partie de moi que je ne connaissais pas avant. Donc merci à toi, maman, de m’avoir permis de finir ce film alors que je n’en avait pas l’âge, parce que sinon, j’aurais passé à côté du film le plus important dans ma vie jusqu’à maintenant.

Samuël Larivière, 3 mai 2020, Montréal

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